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ARCHIVÉE: Réception pour les partenaires de la région de Québec

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Réception pour les partenaires de la région de Québec

La Citadelle, le mercredi 15 septembre 2010

C’est avec beaucoup de bonheur que mon mari Jean-Daniel Lafond et moi-même vous accueillons à la Citadelle de Québec où se sont écrites des pages décisives de notre histoire collective, et qui en ont inspiré quelques-unes des plus inusitées chez d’illustres écrivains.

En effet, prenons Herman Melville, vous savez, l’auteur de Moby Dick. Herman Melville disait que le cerveau de son célèbre cachalot était « caché derrière ses vastes fortifications comme la Citadelle de Québec à l’intérieur du labyrinthe de ses ouvrages de défense ».

Cette métaphore dit bien la réputation enviable qu’avait acquise notre bonne vieille Citadelle…

Pour moi, comme pour Jean-Daniel, la Citadelle est avant tout un lieu d’espoir qui, à l’image de cette vue imposante sur le fleuve, contient en lui seul un pan vital de l’histoire de ce continent.

On peut imaginer l’espoir, le rêve, que représentaient ces terres infinies pour celles et ceux qui arrivèrent du grand Océan. Espoir, rêve…convoitise, diraient les Premières nations qui peuplaient ce territoire et qui ont vu les européens débarquer, s’installer puis prendre carrément possession des lieux.

Et ainsi va l’histoire et d’autres ont suivi, portés par un autre espoir… ni de conquête, ni de colonisation…un espoir qui est au cœur de notre modernité et qui correspond au rêve d’une vie meilleure, au désir de faire partie d’un grand projet qui nous anime profondément et parfois nous met à l’épreuve : celui de vivre ensemble non pas malgré nos différences, mais avec la pleine conscience de cette diversité qui est notre plus grande richesse et à travers laquelle se dessinent des affinités nombreuses.

Voilà le bel espoir qu’il nous faut cultiver et entretenir.

Québec, dont nous avons célébré en 2008 le 400e anniversaire de sa fondation, rassemble des temps importants de cette histoire. Québec qui se situe à la jonction de deux mondes : l’Amérique et l’Europe, au lieu même d’une rencontre déterminante entre les peuples autochtones, qui sont nos racines les plus profondes, et les explorateurs européens qui accostèrent ses rives.

Québec, le cœur battant de la francophonie canadienne, dont Jean-Daniel et moi-même sommes de fiers représentants.

Québec, la ville mémoire, reconnue comme un joyau de l’humanité par l’UNESCO.

Si elle porte avec tant de dignité et de grâce les traces de ce parcours que nous avons en partage, cette ville nous parle aussi du pacte de solidarité sur lequel se fonde le Canada moderne.

Un pacte en vertu duquel le vivre ensemble parle plus fort que l’exclusion qui fomente le désespoir et la solitude.

Je n’oublierai jamais la première fois que j’y ai mis les pieds.

C’était en février 1968, peu après mon arrivée au Québec, le lieu de mon enracinement au Canada, et certainement le lieu de mon attachement, loin des horreurs de la dictature qui sévissait alors dans mon Haïti natale.

C’était pendant le carnaval, où la neige était à l’honneur, l’hiver battait son plein et les pieds gelaient allégrement, et j’ai eu alors le sentiment de retrouver ici un soupçon de  l’effervescence que des carnavals de mon enfance en Haïti.  Un certain sens de la fête.

Jean-Daniel pourrait vous raconter à sa façon comment cette ville riveraine s’est emparée de son imaginaire et ne l’a plus quitté.  Pour qui connaît des films, il est frappant de voir combien le fleuve Saint-Laurent est une présence constante dans sa vie et dans son œuvre.

Venir à Québec et au Québec, c’est pour nous revenir aux sources, et nous y sommes aujourd’hui pour remercier celles et ceux qui nous ont accompagnés au cours des cinq dernières années, pour animer ce lieu exceptionnel où nous nous trouvons réunis de discussions, d’échanges, de  récits, de réflexions et de réalisations.

À titre de gouverneure générale et de commandante en chef du Canada, j’ai investi la Citadelle, si vous me passez l’expression, autant que faire se peut, pour y tenir des rencontres qui ont marqué mon mandat.

Qu’il s’agisse de saluer les efforts remarquables du Royal 22e Régiment dans ses missions à l’étranger — en Afghanistan ou en Haïti —, de recevoir les lettres de créance des ambassadeurs, d’y tenir un déjeuner d’État ou des réunions des pays membres de l’OTAN, d’y remettre des distinctions honorifiques, d’y accueillir des chefs de délégation dans la foulée du XIIe Sommet de la Francophonie ou de l’ouvrir à la population le plus souvent possible.

Les préparatifs et les festivités du 400e, à eux seuls, ont donné lieu, ici même, à de nombreuses réunions avec des partenaires de Québec et de la France.

Des plans y ont été esquissés en vue de mieux mettre en valeur le caractère patrimonial sans égal de ce site.

Nous sommes fiers d’avoir réussi à mener à bien, grâce à vous, la restauration de la Redoute, l’un des plus anciens bâtiments militaires au Canada. 

Nous avons voulu aussi faire de la Citadelle un espace de culture en y présentant des concerts, et un espace de parole en y organisant un Point des arts, un Café philosophique, des forums avec la jeunesse et des rencontres avec le milieu associatif. 

Ce voyage à la Citadelle que nous effectuons aujourd’hui est pour nous émouvant.

Nous sommes sur le point de changer de saison. Entre l’été tropical que nous venons de vivre et l’hiver qui nous attend, l’automne est si beau avec bientôt son explosion de couleurs, cet air qui se vivifie et cette luminosité si limpide.

Je suis aussi sur le point de changer de fonction et de m’intégrer à la grande famille onusienne à titre d’envoyée spéciale de l’UNESCO en vue de la reconstruction du système d’éducation, des infrastructures patrimoniales et culturelles de mon Haïti natale, si éprouvée en janvier dernier par un tremblement de terre dévastateur.

Jean-Daniel et moi-même voulions ce soir vous rassembler et vous remercier de tout cœur, vous, les partenaires, avec lesquels nous avons protégé ce lieu chargé de notre histoire, comme on protège un trésor, pour y faire résonner une parole porteuse et rassembleuse.

Le poète l’a bien dit, nous sommes des « gens de paroles ».

Et j’entends ici et devant vous cette expression dans son double sens : nous croyons à la force des échanges entre nous et nous tenons nos paroles comme des engagements.

L’une des formes que prendra cet engagement consistera en la poursuite du travail ces cinq dernières années auprès du milieu de la culture et en faveur des initiatives de la jeunesse qui s’efforce à contrer l’exclusion à grand renfort d’imagination en misant sur l’expression artistique dans toutes ses dimensions comme moyen de transformation individuelle et sociale.

J’en profite donc pour vous annoncer l’établissement de la Fondation Michaëlle Jean à cette fin.

Et je vous en donne ma parole : nous reviendrons à Québec et nous n’arrêterons jamais de suivre avec conviction et passion l’évolution de cette ville et de ce lieu que nous portons dans notre cœur. 

Mille fois merci à vous toutes et vous tous ici présents! Mille fois merci également à toute l’équipe de nos collaborateurs qui de Rideau Hall à Ottawa et de la Citadelle à Québec ne reculent devant rien pour faire que tout soit possible lorsqu’il est question de rassembler les femmes, les hommes et les jeunes de formidable volonté et de grand mérite qui font la beauté de ce pays.