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ARCHIVÉE: BLOGUE : De retour du Grand Nord, de l'Arctique majestueux et à couper le souffle!

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9 juin 2009

par Son Excellence Michaëlle Jean

Alors qu’on imagine cette vaste partie du pays comme un désert de glace, la diversité de ses paysages est stupéfiante : des fjords, des canyons, des îles sur un océan gelé, dont la glace translucide révèle les eaux dans une infinité de bleus qui rappellent les mers du sud, des banquises immaculées et vierges.

L’archipel arctique est bouleversant et celles et ceux qui l’habitent vous y accueillent les bras ouverts, impatients de vous offrir le meilleur d’eux-mêmes. Lorsque vient le moment de partager un repas, il n’est pas étonnant qu’ils vous offrent le cœur. Comme au festin communautaire à Rankin Inlet qui a tant fait parler. Les mets, produits de leur pêche et de la chasse, sont présentés avec soin, à même le sol : du caribou, de l’omble de l’arctique, du bœuf musqué, du béluga et bien entendu du phoque. Les femmes les plus âgées, les aînées de la communauté, étaient ravies de m’enseigner l’art d’utiliser l’ulu, ce couteau traditionnel dont elles se servent depuis la nuit des temps pour découper les viandes, préparer les peaux et les fourrures. Deux phoques chassés le jour-même et déjà éviscérés étaient les pièces de choix à partager avec l’ensemble de la communauté. Cette viande, des plus fraîches, est une nourriture prisée pour la finesse de son goût et son apport en protéines et en vitamines, essentielles depuis toujours pour survivre dans un si rude environnement pauvre en végétation.

Je n’oublierai jamais l’enthousiasme de ces femmes, leur fierté, leur rires, l’esprit à la fête. Cathy Towtongie guidait mes gestes, me racontait la chasse, la vie, le partage, sa culture ancestrale, le respect des ancêtres, ce qui vient aussi avec l’offrande du cœur de l’animal, cette partie des plus savoureuses le plus souvent réservée aux femmes. Au fil de la conversation, j’en ai mangé moi aussi et, dans ce simple geste, il y avait reconnaissance, dialogue, solidarité et rencontre.
 
Mon mari, notre fille, l’équipe et moi avons trouvé, dans chacune des communautés où nous nous sommes rendus au Nunavut puis à Kuujjuaq au Nunavik, des femmes, des hommes, des jeunes qui, à grand renfort d’imagination et de détermination, contribuent à bâtir des liens sociaux forts et durables. Les défis sont nombreux et toutes ces communautés tentent d’y répondre en élaborant leurs propres solutions et avec l’appui également de professionnels de partout au Canada qui ont choisi le Nord et qui y sont parfaitement intégrés.

C’est un aspect dont on ne parle pas assez, de cette capacité qu’ont les populations inuites d’accueillir la diversité et la différence. Ces peuples autrefois nomades ne semblent pas tenir compte des frontières, ni des barrières. Leur rapport à l’autre le montre bien, leur patience également, leur désir de communiquer et d’offrir tout ce qu’ils ont, leur capacité d’établir rapidement un rapport de proximité et que dire des sourires à profusion!

J’ai voulu effectuer une tournée de l’espoir, parler de développement dans le respect de l’humain et surtout être à l’écoute des rêves dans cette partie du pays peuplé d’enfants où les moins de 20 ans représentent souvent plus de 60 % de la population. Cette jeunesse pour qui l’éducation suppose, après les études secondaires, quitter parents, proches et amis pour aller plus au sud, dans les villes, là où les repères ne sont plus les mêmes. Ils sont très peu nombreux à affronter ce parcours et à réussir, tant cela leur semble inaccessible. Mais ils n’en rêvent pas moins de devenir médecins, biologistes, environnementalistes, historiens, cinéastes, architectes, spécialistes des ressources naturelles… toutes ces professions essentielles au développement du Nord, à la vitalité des acquis et des projets du gouvernement du Nunavut, créé il y a 10 ans.

Partout on m’a parlé du rêve de voir un jour une université dans le Nord, en complémentarité aux trois collèges du Nunavut, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest. Une université qui serait un outil majeur de développement, un pont entre le Nord et le Sud, comme en Finlande, en Norvège, au Groenland, en Suède, en Alaska, en Islande. Le Canada est le seul des États nordiques à ne pas avoir un campus universitaire offrant tous les programmes dans le Grand Nord.