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ARCHIVÉE: BLOGUE : De retour de Norvège

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2 mai 2009

par Son Excellence Michaëlle Jean

De retour d’Ukraine et de Norvège, encore imprégnée des lieux, des rencontres, des forums intenses, palpitants, souvent émouvants.
Partout, l’accueil a été sous le signe de l’amitié, de l’importance de célébrer et de renforcer nos liens, mais aussi de rassembler nos idées et nos forces autour de solutions face aux nombreux défis économiques et sociaux de l’heure. En plus des rencontres officielles, des discussions bilatérales, des cérémonies protocolaires, beaucoup d’occasions de rencontres avec la population, des forums avec des jeunes, des artistes, des représentants de la société civile y compris des gens d’affaires.

La Norvège, un pays où l’engagement social est un art de vivre. Dès notre arrivée, nous avons pu l’apprécier en discutant au centre Nobel pour la paix — on ne pouvait rêver mieux — avec des représentants de tout un réseau d’organisations non gouvernementales qui œuvrent au pays mais aussi à l’étranger. Soutenir le développement humain, la défense des droits et libertés, la justice, la paix, la cause des enfants et des jeunes, l’équité, la sécurité est au cœur de leurs actions. Le sens de la responsabilité citoyenne est très développé chez les Norvégiennes et les Norvégiens qui, à 84 %, donnent de leur temps et sont membres d’une ou de plusieurs ONG! Ce dynamisme du tissu social est phénoménal, il modèle l’esprit norvégien, et cela, à tous les échelons de la société. La présence exceptionnelle de Leurs Majestés le roi Harald V et la reine Sonja, du prince Haakon Magnus et de la princesse Mette-Marit, tout au long de la visite, à plusieurs des forums que nous avons organisés avec la population, et la qualité de leur écoute montraient de façon éloquente leur implication. Cette disposition leur vaut d’ailleurs d’être très aimés et très respectés par leurs compatriotes.

Ma première rencontre avec le prince et la princesse avait d’ailleurs eu lieu en 2006, à Toronto, à l’occasion du Congrès international sur le SIDA, une des nombreuses causes qu’ils appuient et dont ils sont de réels ambassadeurs.

La reine Sonja a étudié l’histoire de l’art, a écrit sur le sujet et est reconnue pour son soutien indéfectible aux artistes et à la culture, que l’État norvégien soutient avec beaucoup de vision et une grande conviction. Elle n’a pas manqué de participer avec un réel enthousiasme aux discussions que nous avons eues avec le milieu culturel et, avec son époux le roi, elle a pris part au Point des Arts en public que nous avons tenu à Oslo. 

C’est au Musée international de la culture d’Oslo qu’a eu lieu notre Dialogue jeunesse sur la diversité. L’immigration est une nouvelle réalité dans la société norvégienne et la réflexion autour de l’intégration et la citoyenneté est au cœur des préoccupations. Cette réflexion est bien engagée car il était frappant d’entendre les jeunes discuter avec beaucoup d’assurance et d’optimisme des défis que cela représente, du travail sur les mentalités, d’inclusion pleine et entière. Les nouveaux arrivants ne tardent pas à développer un sentiment d’appartenance et à trouver leur place au cœur de l’économie norvégienne très florissante et de la société.

La séance s’est ouverte de façon enlevante par une prestation du groupe Hip Hop multiethnique Queendom, qui est à l’image de la nouvelle Norvège cosmopolite, et elle s’est terminée avec l’artiste inuite Sylvia Cloutier de Kuujjuaq, membre de la délégation canadienne, qui a eu le bonheur de travailler sur place avec deux musiciens norvégiens.

Le secteur des affaires en Norvège est aussi engagé socialement. En plus de leur contribution à des projets de philanthropie, de nombreuses entreprises ont pris le virage de l’économie verte et responsable. Nous avons rencontré plusieurs de ces chefs de file, notamment du secteur de l’énergie, du gaz et du pétrole, qui nous ont fait part de leurs investissements importants dans la recherche et les technologies nouvelles et de leur souci de développer et d’explorer des sources d’énergie renouvelable et alternative.

Tromsø, dans l’arctique norvégien, a été une étape des plus inspirantes. Imaginez une université au 70e parallèle! La plus au nord au monde et offrant des programmes de pointe en recherche scientifique, toutes les facultés, y compris en science de la santé, sciences sociales, droit et même un conservatoire de musique. Un campus moderne où des jeunes aborigènes samis du Nord avec d’autres Norvégiens du Sud et plusieurs jeunes venant de partout dans le monde étudient, font de la recherche, développent des projets et vivent ensemble. Cette université a changé la face de l’arctique norvégien et dégagé une infinité de perspectives nouvelles pour les communautés qui y vivent. Elle constitue un outil de développement clé où l’économie du savoir et des connaissances est une priorité.

À Tromsø on trouve aussi l’Institut polaire norvégien qui rassemble des spécialistes et des chercheurs du monde entier et intègre les connaissances ancestrales des peuples du Nord.
À l’université, des leaders samis de Norvège et des leaders autochtones du Canada, venus participer à la conférence du Conseil de l’Arctique, ont répondu à notre invitation à un forum où ils ont mis en commun leurs expériences et leurs réflexions sur les changements climatiques, les défis économiques et sociaux. Tous conviennent que l’avenir des communautés du Nord ne peut se limiter à l’exploitation des ressources naturelles, mais doit aussi passer par le développement humain, dans la concertation, et avec une vision inclusive.