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ARCHIVÉE: Cérémonie commémorative au Monument canadien pour les droits de la personne

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Cérémonie commémorative au Monument canadien pour les droits de la personne

Ottawa, le lundi 21 juin 2010

C’est avec émotion que je me joins à vous sur la terre où les Algonquins Anishnabe ont vécu et prospéré depuis des temps immémoriaux.

En cette Journée nationale des Autochtones, que nous célébrons ensemble aujourd’hui, je me tiens devant vous avec humilité, émue par vos paroles d’affirmation si inspirantes, des paroles qui ont imprégné d’optimisme la cérémonie de dévoilement de cet après-midi. 

Vos propos, qui témoignent d’une compréhension intime des cultures autochtones, font directement appel à l’universalité des droits de la personne, ces piliers éthiques et juridiques de notre société.

Levons les yeux un moment et regardons ce qui est écrit un peu plus haut.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »   

Cette phrase toute simple, gravée dans cette sculpture de granit, résume le credo universel de solidarité et de paix mondiale, qui est le même pour tous les êtres humains. 

Le Monument canadien pour les droits de la personne, autour duquel nous sommes rassemblés aujourd’hui, renforce ce credo par son design qui évoque le pouvoir de libération de tout geste posé en vue de reconnaître le caractère sacré de chaque vie humaine.  

La cérémonie d’aujourd’hui nous invite à nous joindre, cœur et âme, aux efforts déployés à l’échelle internationale en vue de promouvoir la dignité et les droits de chaque être humain, notamment de celles et de ceux dont les droits ne sont pas encore pleinement reconnus.    

Soyons clairs : les droits des autochtones sont des droits humains.

Ce n’est donc pas le fruit du hasard si le sanctuaire de ce monument, la « maison du Canada », contient maintenant 73 plaques en langues autochtones. 

Chacune est minutieusement gravée de mots dans les langues riches des Premières nations de notre pays, de manière à rappeler les valeurs autochtones qui donnent vie aux principes d’égalité, de dignité et de droits.

Et selon moi, l’emplacement de ces plaques, au cœur du monument, est un puissant symbole du droit et de la responsabilité que nous avons toutes et tous de mettre en valeur et de garder vivantes les traditions culturelles autochtones, et de protéger avec empressement et dévouement leurs manifestations diverses, celles d’hier, d’aujourd’hui et de demain.  

Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, les cultures autochtones comptent parmi les richesses les plus anciennes et les précieuses de notre patrimoine collectif.

Préserver ce patrimoine, notre patrimoine autochtone, au bénéfice des générations à venir est la responsabilité de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens, autochtones et non-autochtones.

Nous avons toutes et tous un rôle à jouer à cet égard. 

Car nous avons vu et subi les conséquences en tant que société de la violation de ce droit inaliénable, et je dirais même sacré, à la préservation des cultures autochtones.    

L’histoire des pensionnats indiens, qui est certes l’un des chapitres les plus sombres de notre histoire collective, est celle de rêves anéantis, de vies détruites et de la perte d’une sagesse, de langues et de traditions très anciennes.

La fin de semaine dernière, j’ai pris part au premier événement national de la Commission de témoignage et réconciliation.

Assise aux côtés de survivants des pensionnats indiens et de leurs enfants et petits-enfants, j’ai écouté, les larmes aux yeux, d’horribles histoires d’enfants arrachés des bras de parents qui les aimaient. 

J’ai entendu des histoires indescriptibles d’abus commis par les personnes mêmes qui étaient chargées de prendre soin de ces jeunes autochtones et de les éduquer. 

Et j’ai appris comment ces expériences traumatisantes ont entraîné un cycle vicieux d’abus qui affligent encore de nombreux enfants des survivants des pensionnats indiens.

Il est apparu très clairement, au cours de cet événement national, qu’il y a eu un effort délibéré, pendant plus d’un siècle, pour détruire ceux-là même qui constituent nos racines les plus profondes en Amérique du Nord.

C’est par l’application de cette politique d’assimilation que les autochtones ont été dépossédés de leurs langues, de leurs cultures et de leur dignité, ainsi que des liens intergénérationnels si importants. 

Les autochtones n’ont pas été les seuls à être dépossédés.

Les non-autochtones ont aussi été privés de l’occasion unique de s’enrichir de ces cultures et d’apprécier l’esprit, la beauté et la sonorité des langues autochtones, et d’une compréhension profonde de notre territoire. 

Notre société en paie encore le prix.

Pensons aux taux de suicide disproportionnellement élevés chez les jeunes autochtones.

Au fléau de l’alcoolisme et de la toxicomanie.

Et aux épisodes de violence de gangs qui affligent de nombreuses communautés autochtones.

Ce sont là de tristes constats de l’héritage laissé par les pensionnats indiens.   

C’est pourquoi, en participant à ce rassemblement national en fin de semaine, j’ai été encouragée et ravie par le désir sincère de tourner la page sur ce noir chapitre, en confrontant ensemble l’histoire et, du fait même, la vérité. 

Par des paroles sincères de réconciliation, nous avons invité toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, autochtones ou non, à se donner la main pour changer le cours des choses et tracer une nouvelle voie pour notre pays. 

Une voie qui nous conduira vers la reconnaissance pleine et entière des droits des autochtones. 

Une voie qui assurera la protection des langues, des traditions et des coutumes qui fleurissent sur cette terre depuis la nuit des temps.  

Un voie qui nous incitera toutes et tous à briser les solitudes qui ont divisé autochtones et non-autochtones pendant si longtemps. 

Il s’agit de guérir les cœurs et de faire preuve de plus de solidarité en ce pays.   

Il s’agit de restaurer la dignité, l’estime et la confiance en soi de celles et de ceux qui portent encore les blessures des injustices passées.

Il s’agit d’ouvrir notre cœur, notre esprit et nos yeux à de nouvelles possibilités, à de nouvelles façons de vivre ensemble. 

Il nous faut bâtir un avenir prometteur pour nos enfants. 

Il s’agit d’humaniser l’humanité.

Aucun doute ne devrait subsister, en effet, dans notre esprit que le temps est venu pour nous de reconstruire notre pays sur une assise plus solide, plus fraternelle, plus inclusive.

Car les droits des autochtones sont des droits humains.

Puisque nous voici sur les marches de ce sanctuaire d’espoir pour souligner la Journée nationale des Autochtones, invitons toutes les Canadiennes et tous les Canadiens à joindre leurs voix à ce mouvement national en faveur du changement, de manière à ce que nos peuples, nos communautés et nos cultures autochtones s’épanouissent et prospèrent de nouveau. 

Je le répète : il s’agit bien d’une responsabilité collective. 

Chacune et chacun a un rôle à jouer — autochtones et non-autochtones, réunis pour mieux définir ce que nous souhaitons accomplir ensemble, comment nous désirons vivre mieux ensemble. 

Saisissons ensemble cette occasion historique. 

C’est mon vœu le plus cher.  

Merci.