Le léopard vice-royal
  1. La gouverneure générale du Canada
  2. Son Excellence la très honorable Julie Payette
Nouvelle & événements
  • Aperçu avant impression
  • Imprimer: 
  •  Envoyez à Facebook (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  •  Envoyez à Twitter (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Envoyez à email (Ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Partager: 

Nouvelles

ARCHIVÉE: Événement DiverseCity au Canadian Club of Toronto

Information archivée dans le Web

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez demander de recevoir cette information dans tout autre format de rechange par contactez webmestre@gg.ca.


Événement DiverseCity au Canadian Club of Toronto  

Toronto, le lundi 10 mai 2010

Je vous remercie sincèrement pour votre chaleureux accueil et pour votre présence ici, cet après-midi.

Je suis ravie d’être de retour à Toronto et je suis vraiment honorée de me joindre à vous aujourd’hui.

Je m’en réjouis d’autant plus que le Canadian Club of Toronto a contribué de manière notable à élargir la portée du débat public au Canada et à en améliorer la qualité.

Comme vous, je reconnais l’importance du dialogue ouvert, de la pensée critique et de la liberté d’expression, des idéaux que vous avez aidé à promouvoir et à cultiver d’un bout à l’autre du pays depuis plus de cent ans.

Votre contribution mérite d’être soulignée.

Par ailleurs, je suis heureuse d’avoir été invitée à ouvrir ce débat d’experts de DiverseCity, qui permettra de jeter un nouvel éclairage sur le type de leadership dont le Canada a besoin pour assurer sa prospérité au cours du 21e siècle.

Notre société est pluraliste, et sa diversité est l’un de nos plus grands atouts.

Il n’y a qu’à regarder autour de nous, dans cette salle :

Nous sommes d’ascendance autochtone.

D’ascendance européenne.

D’ascendance africaine.

D’ascendance arabe.

D’ascendance sud-asiatique.

D’ascendance est-asiatique.

D’ascendance antillaise.

D’ascendance sud-américaine.

Chers amis : voilà ce qu’est le Canada.

Le Canada est un microcosme du monde.

D’après les projections de Statistique Canada, le nombre de personnes nées à l’étranger et d’Autochtones au Canada sera plus du double dans une vingtaine d’années.

Ce sera particulièrement le cas pour Toronto, que l’on proclame déjà comme étant l’une des villes les plus multiculturelles au monde.

Dans la perspective de l’avenir de notre pays, assurons-nous que la nouvelle génération de leaders de tous les milieux soit pleinement habilitée et intégrée à nos efforts en vue de bâtir un Canada plus fort, plus prospère et plus harmonieux.

Compte tenu de ces projections démographiques et du climat actuel marqué par les soubresauts de l’économie mondiale, j’estime que notre discussion sur le leadership est aussi pertinente que cruciale.

Et qui, mieux que vous, les personnes influentes du milieu des affaires canadien, peut aider à poursuivre cette réflexion.

D’aucuns conviendront que c’est en partie grâce à votre ouverture face aux idées audacieuses, grâce à votre flexibilité face aux conditions changeantes du marché, et grâce à votre volonté de faire preuve de responsabilité financière, que nous avons pu surmonter le pire de la récession économique mondiale.

Il est maintenant plus clair que jamais que l’économie canadienne est un modèle de stabilité dans un marché mondial volatile.

Je vous félicite toutes et tous pour votre contribution à cet égard.

Nous avons en effet bien des raisons d’être fiers.

Oui, nous avons bien des raisons d’être plus optimistes.

Cela dit, nous ne devons pas relâcher notre vigilance pour autant.

Car de nombreux économistes sont d’avis que la tempête n’est peut-être pas encore terminée.

Les perturbations économiques à l’étranger risquent de ralentir la reprise économique au pays, ce qui pourrait avoir des répercussions défavorables sur bon nombre de nos concitoyennes et concitoyens et affaiblir le tissu même de notre société.

En cherchant à reprendre pied dans un monde où règne l’incertitude, nous devons donc puiser nos forces dans la créativité et le dynamisme de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens et notre inspiration dans les valeurs de solidarité, d’inclusion et d’entraide qui définissent notre pays.

Au cours des dernières cinq années de mon mandat, j’ai rencontré des milliers de Canadiennes et de Canadiens de tous les milieux et de toutes les confessions qui vivent en fonction de ces idéaux.

Dans mes déplacements d’un bout à l’autre du pays, je n’étais pas très intéressée à explorer nos différences, car j’estime que c’est un exercice que nous avons déjà fait.

Ce qui m’a fascinée a été de découvrir tout ce que nous avons en commun.

Partout où je suis allée, que ce soit dans le quartier de North Point Douglas de Winnipeg, à Thetford Mines au Québec, à Clyde River au Nunavut, à Edmonton en Alberta, à Summerside à l’Île‑du‑Prince‑Édouard, à Timmins en Ontario, ou à Qu’Appelle en Saskatchewan, une chose est devenue très claire :

Nous, Canadiennes et Canadiens, avons à cœur de nous entraider!

Nous sommes même prêts à faire l’impossible pour aider quelqu’un dans le besoin!

Il n’y a qu’à voir notre appui sans précédent fourni au peuple d’Haïti, à la suite du tremblement de terre qui a dévasté tant de régions de leur pays.

Sans compter ces femmes et ces hommes de partout au Canada qui mettent de côté leurs divergences pour trouver des solutions locales à certains des problèmes les plus épineux de notre pays.

Lorsque je demande aux Canadiennes et aux Canadiens :

« Pourquoi êtes-vous si engagés dans la vie citoyenne? »

Ils me répondent qu’ils refusent tout simplement de rester indifférents.

Ils assument leurs responsabilités en tant que citoyennes et citoyens.

Ils ravivent l’espoir au sein de nos collectivités.

Ils allument l’étincelle de la compassion pour enflammer le cœur et l’esprit de tous ceux qui les entourent.

Soyons clairs : chaque geste compte.

Et chacune et chacun de nous a un rôle à jouer.

Qu’il s’agisse des citoyennes et des citoyens, des fonctionnaires, de celles et de ceux chargés de l’application de la loi, des groupes confessionnels, des organismes à but non lucratif et bien sûr, vous, le secteur privé.

Je tiens à ce que vous sachiez que dans les endroits que j’ai visités, les Canadiennes et les Canadiens ont toujours loué le rôle que jouent les entreprises privées en soutenant les initiatives communautaires.

Qu’il prenne la forme d’un appui non financier, comme le mentorat et les stages, ou de dons en argent, l’engagement des entreprises est partout considéré comme étant essentiel aux efforts déployés en vue d’améliorer nos collectivités.

J’ai été à même de constater que leur appui  permet de créer de nouveaux liens d’amitié et des synergies, de rapprocher les entreprises et les collectivités dans lesquelles ces dernières s’inscrivent et de faire comprendre aux Canadiennes et aux Canadiens que, quoi qu’en disent les détracteurs, le milieu des affaires peut représenter une force pour le bien collectif!

C’est parce que je suis moi-même convaincue du rôle de catalyseur que vous pouvez jouer que j’aimerais vous parler ouvertement d’une question qui me tient énormément à cœur, c’est-à-dire l’importance de donner aux jeunes leaders les moyens d’agir.

Plusieurs d’entre vous savez peut-être que l’une des principales raisons pour lesquelles j’ai accepté de devenir le 27e gouverneur général du Canada était mon désir de donner une voix aux rêves, aux aspirations et aux perspectives des jeunes Canadiennes et des jeunes Canadiens.

Alors que j’étais journaliste à la télévision publique canadienne, une profession que j’ai pratiquée avec passion, j’ai découvert chez les jeunes une mine de talents et un potentiel de créativité presque inexploités, de même qu’une façon nouvelle de voir le monde.

Pour de nombreux jeunes, les rancunes anciennes et les préjugés du passé n’ont plus raison d’être.

Les jeunes Canadiennes et Canadiens grandissent à une époque où il est de plus en plus naturel d’avoir des amis de toutes origines ethniques.

Connaître différentes cultures et apprendre d’autres langues est devenu « cool ».

Accepter une identité plus cosmopolite est devenu populaire.

Et il est crucial d’envisager le changement local dans une perspective mondiale.

Je me réjouis de cette nouvelle culture fondée sur le respect, l’ouverture d’esprit et l’action.

Je me reconnais dans cela.

C’est l’histoire de ma vie.

Depuis toujours, je suis profondément convaincue que les jeunes sont une force vive de notre société.

Nous serons tous gagnants, si nous enrichissons leur plein potentiel, si nous le valorisons et si nous l’exploitons.

C’est la raison pour laquelle j’ai consacré, en qualité de gouverneure générale, autant d’énergie et de temps à engager les jeunes de toutes les régions du pays dans un dialogue sur l’édification d’un Canada plus fort, plus prospère et plus harmonieux.

Nous vivons dans un pays de tous les possibles, et notre histoire reflète le triomphe de l’espoir face à l’adversité.

Pourtant, notre société n’est pas à l’abri du fléau de l’exclusion sociale.

Au cours de plusieurs des Dialogues jeunesse que j’ai tenus, nombreux sont les jeunes qui m’ont rappelé qu’aujourd’hui encore, des gens sont rejetés parce qu’ils sont Autochtones, par exemple.

Ou parce que leurs parents sont nés dans un autre pays.

Ou parce qu’ils sont de confession religieuse différente.

Ou parce qu’elles sont femmes.

Ou parce qu’ils ont un conjoint du même sexe.

Ou parce qu’ils appartiennent à une minorité linguistique.

Ou parce qu’ils ont une déficience quelconque.

Ou parce qu’ils sont pauvres.

Il est important que nous soyons à l’écoute, lorsque les jeunes nous invitent à  adopter la diversité, comme ils le font, dans tous les secteurs de la société.

Pourquoi?

Parce que ce n’est qu’à ce moment-là que nous pourrons exploiter le plein potentiel de notre pays.

Selon moi, investir dans la diversité est une chose sensée.

C’est une bonne affaire.

Pensons-y un peu.

Le fait pour une entreprise d’avoir des cadres de divers milieux à l’échelle de la haute direction peut aider à avoir accès à des réseaux et des marchés locaux et internationaux lucratifs.

Le fait de maintenir une pluralité de perspectives et d’expériences de vie dans une organisation peut stimuler la créativité et l’esprit d’innovation.

Le fait d’embaucher un plus grand nombre de personnes de divers milieux peut aider à accroître le pouvoir d’achat d’un plus large segment de la population canadienne.

C’est simple.

Dire oui à la diversité, c’est dire oui à la modernité, à de nouvelles perspectives et à l’avenir même de notre pays.

Alors que dire non à la diversité coûte très cher.

Car, chaque fois que l’exclusion ferme une porte, cela ouvre la porte à la désolation, à la frustration et au désespoir.

Il n’y a qu’à voir nos rues, certains de nos quartiers ou certaines de nos collectivités rurales et nordiques les plus isolées, pour y croiser un jeunes qui a perdu  confiance dans notre société et qui va à la dérive.

Ce jeune a déjà eu un grand rêve que lui a volé l’absence de perspectives d’avenir.

Peut-être son père a-t-il souffert de ne pas voir son doctorat d’une université étrangère reconnu au Canada.

Peut-être que sa mère est une survivante des écoles résidentielles et qu’elle est encore marquée par les blessures de sa terrible expérience.

Peut-être que sa famille au complet éprouve de la difficulté à trouver un logement adéquat et abordable et doit courir les rues pour trouver un endroit où dormir.

Ces situations de vulnérabilité sont un terrain fertile où s’infiltrent les prédateurs, comme des cambrioleurs dans la nuit, pour prendre ces exclus sous leurs ailes.

L’existence de gangs de jeunes criminels et de la prostitution juvénile ne témoigne-t-elle pas de la détermination du crime organisé de profiter de celles et ceux que le sentiment d’impuissance et la solitude isolent de la société?

Cela peut anéantir des rêves, entraîner des explosions de violence et même faire fuir les capitaux et les investissements.

Nous ne pouvons donc nous permettre de rester indifférents, ni courir le risque d’ignorer cette réalité.

Cela signifie que nous devons accueillir la diversité à bras ouverts et ce, à tous les échelons de nos institutions.

Et cela exige également que nous ouvrions notre cœur à l’ensemble de la nouvelle génération et que nous investissions adéquatement dans son potentiel et son développement.

Soyons honnêtes.

Celles et ceux de nous ici présents qui, comme moi, ont des enfants savent qu’il leur sera très facile de trouver des possibilités de stage intéressantes, des bourses d’études ainsi que des mentors influents.

Or, il y a des dizaines de milliers d’enfants et de jeunes qui ne pourront jamais avoir accès à de tels réseaux ni à de bons modèles de comportement ni à des stages appropriés.

Alors, comment redresser ce déséquilibre?

Encore une fois, je reviens à la vision de nos jeunes.

Lorsque j’ai visité le projet Remix, un organisme torontois axé sur les activités créatives où les jeunes de milieux défavorisés peuvent acquérir des compétences en affaires, j’ai demandé à ces derniers ce qu’ils estimaient être la solution.

D’ailleurs, certains d’entre eux sont parmi nous aujourd’hui.

La réponse qu’ils m’ont fournie en dit long.

« Nous avons besoin de mentors », ont-ils dit.

« Nous avons besoin d’avoir accès à un plus grand nombre de réseaux dans le milieu des affaires.»

« Nous avons besoin d’un soutien plus grand de la part du secteur privé ».

« Nous avons besoin que des dirigeants et dirigeantes d’entreprises nous rendent visite et nous conseillent. »

« Nous avons besoin de plus de bourses d’études. »

« Nous avons beaucoup à offrir, mais nous avons besoin de professionnels pour nous aider à perfectionner nos acquis et à élargir nos connaissances. »

Et vous savez quoi?

J’estime qu’ils ont raison.

Lorsque j’ai choisi ma devise, « Briser les solitudes », c’était pour nous rappeler que nous devons jeter davantage de ponts de solidarité sur les eaux troubles de la peur de l’Autre, de l’incompréhension et de l’apathie.

Nous devons prendre le temps de nous connaître les uns les autres, de nous parler, de nous entraider et d’avoir confiance les uns dans les autres.

C’est une question de responsabilité collective.

Et aujourd’hui en particulier, c’est une question de responsabilité sociale d’entreprise.

Car si nous pouvons tirer les leçons de la crise économique actuelle, nous en conclurons que notre avenir est inextricablement lié à notre volonté d’abandonner les excès du passé, ou ce que j’appelle la mentalité du « chacun pour soi et pour son clan », et de s’en tenir plus que jamais à notre ressource la plus précieuse, la plus durable et la plus productive.

Et cette ressource, quelle est-elle?

Chers amis, c’est chacun et chacune de nous.

Alors vous vous demandez peut-être : « Que puis-je faire? »

« Par où commencer? »

« Comment puis-je tenir compte de cela dans le cadre des priorités stratégiques de mon entreprise? »

Vous n’avez qu’à prendre le temps de rencontrer des jeunes et de jeunes leaders.

Écoutez ce qu’ils ont à dire.

Prenez le temps de réfléchir à leurs suggestions.

Prenez leurs demandes au sérieux.

Intégrez-les à vos équipes.

Établissez des partenariats.

Rendez-vous compte qu’à long terme, les nouveaux liens que vous forgez rapporteront d’une manière exponentielle.

Pourquoi?

Parce qu’habiliter les jeunes, faire place à la diversité et investir dans nos collectivités, c’est une simple question de bon sens.

Et je tiens à le répéter.

C’est une bonne affaire.

Alors que le monde entier s’apprête à célébrer l’Année internationale de la jeunesse, qui débutera le 12 août, je vous encourage, ainsi que toutes les Canadiennes et tous les Canadiens, à faire votre part pour aller à la rencontre des jeunes et pour habiliter la nouvelle génération de leaders.

Notre avenir, autant que le leur, en dépend.

Je vous remercie.