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Nouvelles

ARCHIVÉE: Dîner d’État offert par le président de la République hellénique - Grèce

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Dîner d’État offert par Son Excellence monsieur Karolos Papoulias,
Président de la République hellénique, et madame May Papoulia

Athènes (Grèce), le jeudi 29 octobre 2009

Le regretté Jacques Lacarrière, à qui vous avez rendu hommage au moment de sa mort, Monsieur le Président, disait que la Grèce était « un cerveau phénoménal dans un corps de nain ».

C’était la façon truculente inventée par cet illustre helléniste pour nous rappeler que l’immense contribution de la Grèce au patrimoine de l’humanité ne se mesurait pas à sa superficie.

Je me souviens de mon propre éblouissement alors que, jeune étudiante, soucieuse d’élargir mes horizons et curieuse de connaître à la fois la sagesse antique et la modernité grecque, je parcourus votre pays et abordai le Péloponnèse qui, selon l’heureuse expression du professeur ontarois Yolande Grisé, « s’étend comme une main ouverte sur la mer ».

C’est avec beaucoup d’émotion que je reviens aujourd’hui, à titre de gouverneur général du Canada, dans un pays reconnu pour son hospitalité légendaire, dont j’ai gardé précieusement tant de souvenirs ensoleillés.

Permettez que je cite les paroles du poète Georges Séféris, auxquelles Mélina Mercouri a prêté sa voix magnifique, pour constater, qu’au fil du temps, « la Grèce voyage, voyage toujours ».

La Grèce restera à jamais pour moi le lieu d’un enchantement de jeunesse, et pour mon pays, le Canada, l’établissement d’une amitié durable et chérie. 

Près d’un quart de million de Canadiennes et de Canadiens se disent d’origine grecque. 

On estime par ailleurs que près de 25 000 Grecs d’origine canadienne vivent en Grèce et que 50 000 de mes compatriotes abordent votre pays chaque année. 

C’est dire l’ampleur et la portée des échanges entre nous.

Tout aussi dynamiques sont les relations qu’entretiennent le Canada et la Grèce au sein de regroupements internationaux comme l’Organisation des Nations unies, le Réseau de la sécurité humaine, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et l’Organisation internationale de la Francophonie.

Nous nous réjouissons de l’adhésion de la Grèce à la grande famille de la francophonie et de son adhésion à titre de membre à part entière lors du Sommet tenu à Bucarest en 2006.

Il nous importait que la voix de l’une des plus anciennes cultures européennes, dont nous avons hérité les valeurs démocratiques, s’y fasse entendre pour réaffirmer haut et fort le rôle crucial du dialogue dans la promotion de la paix et de la démocratisation. 

À ces nombreuses et fructueuses occasions de collaboration s’ajoute, en outre, une coopération exemplaire dans le domaine de l’éducation.

Nous saluons avec enthousiasme l’établissement de plusieurs chaires et centres d’études helléniques dans des universités canadiennes, notamment les universités McGill, York, du Manitoba et Simon Fraser, respectivement à Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver. 

Nous signalons avec le même engouement l’ouverture en 2002 du premier centre d’études canadiennes à l’université d’Athènes.

Voilà autant de ponts jetés entre nos pays pour assurer une meilleure circulation des idées et des moyens pour faire face aux enjeux actuels qui dépassent de beaucoup nos seules frontières et concernent l’ensemble de nos populations, comme nous le rappellent rudement la crise financière que nous traversons, la fragilité de nos écosystèmes et le mépris de la dignité humaine en de nombreux points de globe.

C’est en Grèce qu’est né l’idéal d’une justice dans la Cité qui n’a cessé de s’élargir depuis et auquel nous devons répondre aujourd’hui par une nouvelle éthique du partage et de la responsabilité citoyenne.

« La mondialisation des marchés, comme vous le rappeliez justement, Monsieur le Président, lors d’un discours à l’Unesco en 2007, a mondialisé aussi le malheur humain ».

Il nous faut plus que jamais redoubler d’efforts pour instaurer avec le même entrain que dans la sphère commerciale, une mondialisation des solidarités.

Il y va de notre volonté de faire front devant les défis auxquels nous sommes toutes et tous confrontés, et de leur apporter des solutions globales.

C’est justement dans cet esprit de solidarité que moi-même, mon mari Jean-Daniel Lafond et la délégation qui nous accompagne iront à la rencontre de vos compatriotes. 

Il nous tarde d’entendre s’exprimer les forces vives de la société grecque sur des enjeux qui nous préoccupent autant, plus particulièrement les jeunes qui, trop souvent dans nos sociétés, restent inécoutés alors qu’ils participent quotidiennement à la construction de notre présent et qu’ils ont à cœur de semer les promesses d’un avenir meilleur.

Ne pas les entendre, c’est se priver d’une de nos ressources les plus précieuses en vue d’agir positivement sur les mentalités. 

Mon mari et moi croyons fermement que la culture et les arts sont de puissants vecteurs de civilisation, et nous entendons mettre aussi de l’avant le rôle vital que jouent les artistes dans le rapprochement des peuples et dans le développement de nos sociétés axées sur l’innovation et l’ouverture.

J’ajouterai enfin, Monsieur le Président, que c’est également animés par l’esprit olympique que nous effectuons cette visite d’État, puisque le Canada est à la veille d’accueillir les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver, à Vancouver, en février et mars 2010. 

C’est avec ferveur que nous venons de participer, il y a à peine quelques heures, à la cérémonie de passation de la flamme olympique et que nous nous rendrons bientôt sur les lieux mêmes des premières compétitions, à Olympie.

Nous profiterons de notre passage à Olympie pour y planter des arbres, en signe de fraternité, l’une des valeurs cardinales de l’olympisme, et pour exprimer la solidarité du peuple canadien avec celles et ceux qui ont été durement éprouvés par les incendies dévastateurs qui ont ravagé la Grèce ces dernières années. 

Être parmi vous aujourd’hui, Monsieur le Président, est non seulement une merveilleuse occasion de raffermir le dialogue déjà vigoureux entre nos populations, mais aussi notre façon de dire à la Grèce tout ce que nous lui devons, et tout ce que nous espérons encore d’elle.

Nous vous remercions de tout notre cœur de votre accueil chaleureux dans votre pays. 

Longue vie à l’amitié entre le Canada et la Grèce.